"Travail d'orfèvres"

"Paris-Moscou certes, mais en passant par l'Autriche, la Bohême, la Hongrie et la Roumanie. La périple a pour point de départ la Russie de 1913, en sublimant le trio inachevé de Taneïev. Les Goldberg offrent une lecture dont la nervosité et l'angoisse rentrée sont au service de la lisibilité et de la cohésion, prince-sans-rire dans les variations les plus allègres du deuxième volet. La formation cisèle aussi Haydn avec une remarquable précision. Elle soigne des accents moins innocents qu'il y paraît dans l'idyllique premier mouvement de l'Opus 53 n°1, perturbé par des tensions harmoniquess savamment calibrées dans les passages en mineur. Le Presto prend ensuite la poudre d'escampette avec une irrésistible vivacité d'esprit. Leur sens de l'écoute garantit l'équilibre idéal dans un mouvement de Schubert finement nervuré. Les Goldberg ont beau s'amuser du dynamisme pétulant du Trio (1933) de Jean Françaix , ils n'oublient pas de souligner les soupirs songeurs de l'Andante, ici particulièrement flâneur. Pas le temps de rêver, en revanche, dans l' Intermezzo (1905) de Kodaly. Malgré un tempo allant, l'inspiration mélodique de la ballade coule de source autour d'une section centrale moins insouciante. Autre ambiance chez Krasa, dont les âpres accents de la Tanz (1943) composée dans le ghetto de Terezin laissent entrevoir la barbarie. L'espièglerie débonnaire mise à l' Aubade (1899) d'Enesco pose une conclusion solaire. Travail d'orfèvres."

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