• Bruno Serrou, Classique d'aujourd'hui

Myriam Barbaux-Cohen révèle le bouleversant piano de la compositrice française Mel Bonis

"Dans la lettre qu’elle publie dans la pochette de son disque, Myriam Barbaux-Cohen écrit combien la musique de Mel Bonis la touche au-delà des difficultés techniques, par sa nostalgie, la richesse des harmonies et des mélodies « si profondes et parfois bouleversantes », l’évolution de sa créativité au fil de sa vie, de ses drames, de ses difficultés, de ses changements, inspirant à l’interprète le désir de laisser se déployer son imaginaire pour conter de véritables histoires.


Le bonheur évident qui émane à l’écoute du ressenti de Myriam Barbaux-Cohen à découvrir, parcourir, jouer et révéler l’œuvre pianistique de Mel Bonis est entièrement communiqué par cet enregistrement d’une limpidité, d’une virtuosité sans artifices, d’une spontanéité singulière tant le jeu de la pianiste est mobile, souple, incandescent, parvenant à susciter des sonorités vif-argent. Longtemps négligée, cette musique d’une qualité exceptionnelle est enfin reconnue comme telle par une artiste qui aime et sait partager cet amour pour une musique qui enfin ne cesse d’attirer un nombre croissant d’interprètes. Myriam Barbaux-Cohen a quant à elle construit son récital en puisant dans les Pièces pittoresques et poétiques écrites à différentes périodes de la vie créatrice de Mel Bonis, du tout début de sa carrière, entre 1881 et 1895, puis entre 1910 et 1932, ainsi que quatre Pièces de concert conçues entre 1897 et 1928, le tout présentant une grande variété de styles et d’inspiration. Parmi les plus représentatives l’ultime Cloches lointaines op. 121/5 de 1929, mais aussi la belle Cathédrale blessée op. 107 et le bouleversant Au Crépuscule op. 111. L’interprétation est emplie de couleurs polychromes, de contrastes, de variations d’intensités, touchant au plus intime de la mélancolie des œuvres. La qualité exceptionnelle de l’interprétation de Myriam Barbaux-Cohen de ces dix-huit pièces pousse à espérer que la pianiste continue à défricher cette part de la création de Mel Bonis, et pourquoi pas offrir à terme une intégrale de référence…"

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