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  • Jean-Charles Hoffelé, ARTAMAG'

ADDICTION

"Une fois entendu l’Opus 10, impossible de ne pas succomber au clavier versicolore, au grand piano empli d’imaginaire sonores – musiques d’autres temps, échos de la nature, vertige des cloches se répondant d’une église l’autre – qui rend cette part de l’œuvre d’Enesco plus radicale encore que ne le sont ses symphonies. À son piano, ce violoniste se révèle infiniment libre, mêlant le Romantisme post-brahmsien avec les échappées belles de la nouvelle musique française, lui agglomérant quelques éléments des claviéristes baroques, surtout il développe une lyrique désarmante de poésie, emplie d’harmonies diaprées.

De tout cela, Daria Parkhomenko, sculptant ou caressant – je pense – un beau Steinway, rend compte avec une élégance assez folle : écoutez comme elle dénoue et fait danser l’écharpe emplie de doinas de la Sarabande, comme elle enlève la Bourrée.

Elle est ici chez elle, après avoir remporté en 2018 le Concours Enesco ; toute Russe de naissance qu’elle soit, elle se souvient de ses origines roumaines, chante dans son arbre généalogique, et trouve le ton plus ombrageux de la Première Sonate où passe l’ombre de Busoni dans les diableries du Presto, avant d’envoler cette splendeur trop méconnue qu’est la Troisième Sonate, œuvre solaire composée lors du retour en Roumanie comme pour faire contraste à l’une des périodes les plus sombres qu’a traversées le compositeur.

Elle pimente les mètres irréguliers du Vivace et caracole ses traits impertinents ; surtout elle chante le grand nocturne amoroso, empli de doinas et d’oiseaux de l’Andantino cantabile avant les chants de flûte et les danses capricieuse du Finale. Tout grand disque Enesco, qui offre la découverte d’une magnifique pianiste."




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